Rédaction web : internaute et Google, même combat ?

Rédiger pour le web implique de penser à la fois au lecteur et de répondre aux exigences de Google. Dans la pratique, la frontière entre les deux est bien plus poreuse qu’il n’y parait.

Quand on est rédacteur web, notre objectif est d’être lu. Pour cela, il convient de rédiger un contenu pertinent pour l’audience ciblée. Si cela implique de prendre en compte des considérations de forme, il s’agit fondamentalement de répondre à une question que se pose l’internaute.

Éléments de contexte

Pour obtenir une réponse, il va demander à un proche ou chercher dans le dictionnaire effectuer une recherche sur le web. Cela concerne aujourd’hui 9 internautes sur 10 selon le Consumer Barometer. Si possible, cette requête est tapée dans Google, le moteur de recherche n°1 en France. Ajoutez à cela, la présence de plus de 55 millions d’internautes en France et vous comprendrez encore mieux la nécessité d’être présent sur le web.

Jeu de rôle

Mais revenons à nos moutons. Concrètement, qu’est-ce qu’un « contenu pertinent pour une audience ciblée » ?

Pour répondre à cette question, je vous propose de jouer à un jeu de rôle. Nul besoin de dés 30 ou de fiche de personnage : il suffit de se mettre à la place de l’internaute ce qui, a priori, est dans vos cordes à moins que vous n’ayez vécu dans une grotte ces 30 dernières années (auquel cas vous ne seriez pas en train de me lire).

Cet exercice d’identification permet de savoir ce qu’un internaute est susceptible de taper dans un moteur de recherche pour atterrir sur votre contenu. Pour prendre un exemple, imaginons que vous ayez un site de nettoyage pour les professionnels. Il y a fort à parier que des entreprises cherchent vos compétences pour l’entretien de leurs bureaux. En l’occurrence, cela peut donner une recherche comme : « nettoyage bureau professionnel » plus la localisation (une ville, un département…).

Écrire pour Google

À quoi bon savoir tout cela ?

En plus de pouvoir briller en société en faisant l’étalage de votre culture, cela vous donne de la matière pour rédiger les articles de votre site web. Toutefois, répondre aux requêtes des internautes est une chose. Être accessible sur Google en est une autre. Cela ne sert à rien d’écrire un contenu pertinent pour votre audience si cette dernière n’y accède pas facilement.

Or, l’internaute est comme un enfant : il veut tout, tout de suite attend de Google un service efficient. Il veut avoir la meilleure réponse le plus rapidement possible. Dans le langage du référencement naturel, il s’agit d’apparaître dans les premières (si ce n’est la première) positions des pages de résultats de recherche de Google (ou « Search Engine Result Page » appelé aussi SERP pour les « vrais »).
En effet,

  • 91% des internautes ne vont pas au-delà de la première page de résultats ;
  • le premier lien concentre à lui seul quasiment un tiers de clics des internautes !

Il convient de préciser que nous parlons des résultats naturels et pas de ceux correspondant à l’achat de liens sponsorisés qui sont encore mieux placés.

Bref, vous l’aurez compris, pour être lu, il faut être bien placé dans la SERP. Pour cela, il faut aussi écrire pour Google.

Cela implique d’inclure les mots-clés relatifs à votre activité dans votre contenu. Nous avons abordé ce point dans un précédent billet. Toutefois, nous allons le développer en ayant à l’esprit le comportement de l’internaute, le tout, dans le but de développer votre activité.

Le cercle vertueux de la longue traîne

Le lien entre les trois (pour rappel, l’internaute, Google est votre contenu) est la longue traîne.

Celle-ci désigne les requêtes longues effectuées par les internautes. Ensemble, elles génèrent la majorité du trafic issu des moteurs de recherche (80%). Ce sont les demandes que vous devez cibler lorsque vous rédigez du contenu car :

  • si les mots-clés génériques sont par définition plus populaires que ceux de longue traîne pris individuellement, ils sont aussi plus concurrentiels. Il sera donc plus difficile de placer vos pages en têtes des résultats sur ces expressions ;
  • qui dit requêtes longues, dit demandes précises c’est-à-dire que vous répondez à un besoin spécifique de l’internaute. Cela est particulièrement vrai lors de la recherche d’informations précédant l’acte d’achat, et, plus encore, dans les secteurs de niche.

Dans notre exemple, il s’agirait de partir de la requête initiale « nettoyage professionnel bureau » plus la localisation en ajoutant des caractéristiques comme :

  • le milieu professionnel visé (médical, commerce…) ;
  • les particularités de votre prestation (quels produits sont utilisés, quelles techniques de lavage sont employées…) ;
  • les bénéfices de votre service (l’hygiène, l’augmentation de la clientèle, une meilleure ambiance de travail…) etc.

Ainsi, se met en place un cercle vertueux : en visant des requêtes longues, vous avez plus de chances d’être en pole position des résultats de Google. Vos contenus sont d’autant plus accessibles et pertinents pour l’internaute qu’ils répondent à un besoin précis.

Il y a d’autres avantages à viser la longue traîne. Répondre à un besoin spécifique et éviter les généralités permet d’apparaître comme un expert dans son secteur d’activité. En plus de rassurer le lecteur qui est enclin à suivre la parole de l’expert, cela permet aussi de contenter Google.

Répondez à EAT pour rassasier Google

Pourquoi ?

En raison des critères de ranking EAT de Google. Cet acronyme signifie « Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness » pour expertise, autorité et crédibilité. Introduits en 2018, ces critères exigent que vous soyez expert dans votre discipline en créant des contenus vrais, pertinents et mis à jour. Cette expertise est la base de l’autorité que vous allez acquérir dans votre domaine de compétence grâce notamment à des liens retour (backlinks) venant de sites influents. Tout cela contribue, entre autres, à votre crédibilité.

Dernier conseil : n’oubliez pas de développer le champ sémantique de vos contenus. L’époque où le référencement naturel était synonyme de bourrage de mots-clés pour satisfaire Google est révolue. Désormais, vous devez les employer à bon escient en ne dépassant pas les 3 à 5% du nombre total de mots. Mieux : il est impératif de développer le champ sémantique de vos contenus afin qu’ils soient riches, ce qui est synonyme de qualité. En plus d’être plus agréable à lire, cela permet d’être positionné sur plus de requêtes. Last but not least : l’emploi de l’étendu du vocabulaire relatif à votre champ de compétence est gage d’expertise.

Pour finir, soyez naturel ! Ce qui peut s’apparenter à un conseil beauté ou à une méthode de développement personnel pourrait très bien être un « commandement » de la rédaction web. Il est plus facile d’écrire « naturellement » comme si votre audience était en face de vous. Non content d’éviter le contenu dupliqué (sanctionné par Google), le texte vous viendra plus facilement. Cela favorise le contenu original même si le SEO nécessite toujours de mettre en place des éléments techniques (sur lesquels nous reviendrons ultérieurement).

Alors, internaute et Google : même combat ?

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