Quelle est la longueur idéale d’un contenu en rédaction web ?

Faut-il nécessairement écrire un contenu long pour qu’il apparaisse en tête des résultats de recherche de Google ? Décryptage d’un mythe qui a la peau dure en SEO.

Toutes celles et tous ceux qui ont été amenés un jour à rédiger un texte pour le web se sont posés cette question. Après s’être attelé à la tâche, règne souvent la peur de ne pas « en avoir fait assez ». Cette peur est renforcée par le paradigme quantitativiste qui semble affecter le monde du SEO : c’est l’idée que, plus il y a de contenus et plus ils contiennent de mots, plus vous avez de chance d’être bien classé dans les résultats de Google. En tout cas, c’est mon ressenti en parcourant les espaces de discussion et en écoutant certains professionnels.

Corrélation entre longueur du contenu et position dans la SERP

Ce ressenti est confirmé par des études. En 2017, la célèbre société Semrush spécialisée dans le référencement naturel faisait de la longueur du contenu un critère déterminant en SEO.

Les critères de ranking selon Semrush

Plus récemment, le blog Backlinko de Brian Dean a analysé 11,8 millions de résultats de recherche Google afin d’identifier les critères SEO remplis par les réponses qui apparaissent en pole position. Résultat : ces dernières font en moyenne 1 447 mots.

Sommes-nous donc condamnés à écrire des pavés pour avoir les faveurs de Google ?

Il convient de noter que l’étude de Backlinko n’établit qu’un lien de corrélation entre le meilleur des résultats de Google et la longueur du contenu. Or, corrélation n’est pas causalité. Ce n’est pas parce que vos textes sont longs que vous allez automatiquement apparaître en haut de la SERP.

Rédiger du contenu de qualité

Tout d’abord, il existe bien d’autres critères de référencement naturel comme la qualité de votre contenu ou les backlinks.

En outre, la longueur n’est pas une fin. Comme le rappelle Helen Pollitt dans le Search Engine Journal, vous n’écrivez pas seulement pour les robots de Google qui « crawlent » vos pages : vous écrivez pour des visiteurs humains qui lisent vos textes.

Et cela ne peut être quantifié. En effet, ce n’est pas la longueur d’un contenu qui pousse un internaute à le lire : c’est sa faculté à répondre à sa requête. À ce titre, Helen Pollitt rappelle un tweet de John Mueller Senior Webmaster Trends Analyst chez Google : ce qui compte n’est pas la quantité mais la qualité. Certaines pages contiennent beaucoup de mots mais n’ont rien à dire. D’autres sont plus concises mais se révèlent importantes et pertinentes pour les visiteurs.

John Mueller sur la longueur du contenu et son impact sur le SEO

L’enquête de Backlinko est sur la même longueur d’onde : les meilleurs résultats de Google sont exhaustifs c’est-à-dire qu’ils traitent entièrement d’un sujet sur une seule page.

Même son de cloche dans le guide de Google intitulé « Bien débuter en référencement naturel » (SEO). Il préconise de « fournir une quantité de contenu appropriée pour le sujet traité ». Pas plus. Si

« la création de contenu de haute qualité nécessite beaucoup de temps, d’efforts, d’expertise ou de talent/compétences (…) le contenu doit décrire fidèlement les faits, être exhaustif et clairement rédigé ».

Google, « Bien débuter en référencement naturel »

Là encore, on ne constate aucune mention d’une longueur bénéfique pour le classement dans la SERP.

Répondre à l’intention de recherche de l’internaute

Par contre, il est primordial de répondre à l’intention de recherche de l’internaute. C’est éventuellement ce critère qui détermine la longueur de votre contenu. Le guide SEO de Google mentionné précédemment apporte un exemple éclairant à ce sujet : celui de la recette de cuisine.

Celle-ci doit être « complète et facile à suivre ». Il faut éviter le superflu si ce n’est le hors sujet en fournissant un « ensemble d’ingrédients ou une description de base du plat ». Inversement, il faut éviter de donner une réponse partielle aux besoins de la page.

Prise en compte du sujet traité et de l’audience visée

Autres facteurs à prendre en compte : le sujet traité et l’audience visée. S’agit-il de donner votre expertise sur un sujet pointu auquel cas un développement long peut être nécessaire ? C’est le cas, par exemple, si vous écrivez un guide, un tutoriel ou un livre blanc : par définition, ils correspondent à des contenus longs.

Par contre, si votre objectif est de convertir des clients en un minimum de clics, votre texte aura tendance à être plus léger. Ainsi, en est-il d’une fiche produit qui doit convaincre le prospect en un minimum de mots.

En définitive, il est conseillé de se concentrer sur la qualité de votre contenu : capacité à répondre à une requête précise, niveau d’expertise, mise en forme… La longueur n’est pas, en soi, un gage de qualité. Au contraire, un contenu court peut être préféré par le lectorat en raison d’une meilleure expérience utilisateur. N’oubliez pas que même si vous avez réussi à obtenir une bonne position dans les résultats de recherche de Google, l’objectif final reste la conversion. Et ça, seule la qualité va vous la fournir.

Dans quel cas vous situez-vous ? Privilégiez-vous la longueur dans vos contenus ? Vous pouvez nous raconter votre expérience en commentaire.

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